Conclusion

Le premier pas a été, de loin, le plus dur…

En m’inscrivant sur ce forum, je suis sorti du déni. C’était dur, dur à admettre, dur à digérer… Pas facile de se dire : je suis un alcoolique !

Après il y a eu ma transition abstinente… moins dure puisque motivée par une énorme Baclocarotte, que j’ai finalement attrapée.

Dès lors, tout c’est éclairci, naturellement, simplement…

Puis l’indifférence est arrivée… Enfin ! Là j’ai compris plusieurs choses avec un grand sourire,

  1. Que je souffrais et bien plus que je le croyais.
  2. Que je ne souffre plus, car je suis guéri.
  3. Que j’avais fait le plus dur en arrivant sur le forum. D’ailleurs on m’avait félicité en me disant que c’était ça le plus dur. J’avoue ne pas les avoir cru au départ. Ben ça alors ! c’est finalement bien vrai !
  4. Je vais pouvoir apprécier une nouvelle vie, l’alcool n’est pas un problème que j’ai mis en sourdine, je n’ai plus de problème. Je suis redevenu normal et je maintiens cet état sans aucun effort.

Vous hésitez, silencieusement ?

Maintenant, c’est à mon tour de le dire, il n’y a qu’un seul pas qui sera dur : le premier, celui que vous ferez pour vous lancer dans l’aventure ! Le reste sera spectaculaire et sans effort de volonté autre que celui de vouloir guérir.

 

C’est volontaire :

Je n’ai pas traité les aspects reconstruction ou resocialisation dans mon témoignage. Cela aurait été inapproprié.

Bien que j’ai connu un très bas il y a quelques années, ma guérison s’est réalisée dans les meilleures conditions possibles : une famille, un travail, un logement… . Evidement, tous ces éléments favorables ont agit sur la rapidité de ma guérison.

Cette situation initiale est une chance dont j’ai profité et que je vais maintenant pouvoir entretenir, sereinement. Je n’ai donc pas à parler de reconstruction ou de resocialisation, sauf pour dire que, grâce au baclofène, j’ai probablement évité d’y goûter. Sur le long terme c’est même certain.

Mais ma vraie chance, la seule, c’est la suppression du craving que m’a offert le Baclofène. J’ai redécouvert l’alcool plaisir et je me suis dégagé de l’alcool besoin. Simplement, progressivement et sans difficulté, Cette chance de pouvoir être indifférent à l’alcool m’arrive a temps.

Cette chance c’est celle que je viens de vous raconter avec plaisir et humour. En y mettant tous mes talents, avec altruisme, pour que l’édifice Baclofène initié par Olivier Ameisen continue de grandir. Je ne suis ni le premier ni le dernier à témoigner de cette délivrance.

Mais le plus important, c’est que cette chance est là, pour tous. Elle est offerte à tous les malades qui souhaitent se guérir autrement que par l’abstinence.

 

Traitement à vie, poils au kiki…

Je vais devoir vivre dépendant d’un médoc à traîner et à gérer partout où j’irais ! (Un des arguments favoris des « professionnels » détracteurs).

Tout comme avant avec le tabac… Je devais penser à prendre mon briquet, mes clopes, mes chewing-gums. Et trouver un endroit fumeur toutes les heures.

Tout comme avant avec l’alcool, en bien pire… Je comptais les jours entre chaque cuites, je m’inquiétais de trouver les munitions du week-end… et se posaient systématiquement les mêmes questions : aurais-je suffisamment pour la soirée ? On reçoit ou on est reçu, comment gérer mes pulsions ?…

Hé bien oui ! Toute cette merde je l’échange sans hésiter contre mes deux petites plaquettes journalières de Baclofène, très discrètes par ailleurs…

Ce n’est pas un traitement anodin… je m’étais même interrogé : suis-je suffisamment alcoolique pour en arriver là ? … Mais en essayant de me projeter dans le futur, je me suis vite rendu compte que ça finirait mal. Tôt ou tard, j’ai compris que cette dépendance allait évoluer en empirant, quoi que je fasse.

J’ai donc accepté ce traitement comme un diabétique aurait du le faire pour vivre. Mais maintenant que je suis devenu indifférent, La question ne se pose donc plus car je jouis d’un bien être que j’avais oublié en étant redevenu normal. C’est assez difficile à expliquer, mais on peut s’y essayer avec l’analogie suivante :

Vous vivez depuis toujours sans chaussures. Vous avez donc les pieds très abîmés. Un cordonnier arrive et il vous offre des chaussures. Au début ça fait bizarre, mais rapidement ça va mieux.

Et puis un jour, vos pieds sont guéris.

Vous pouvez même courir à nouveau. Mieux encore, avec vos chaussures vous pouvez aller dans les sentiers caillouteux sans risque. Ceux-là mêmes que vous évitiez auparavant… Et alors, vous vous posez la question : porterai-je ces chaussures à vie ? Ben oui ! Parce que c’est le pied ! Toujours par analogie, comprenez que ces questions initiales, ces inquiétudes préliminaires ont un sens avant le début du traitement. Mais après la guérison, plus vraiment.

 

En fait les nouvelles questions qui apparaissent sont les suivantes :

Une semelle renforcée devant ou derrière ? (Répartition)

Lacets en bas seulement ou jusqu’en haut ? (Dosage)

Et comme ce sont des chaussures neuves, il faut donc les faire à ses pieds (effets secondaires) avant de les apprécier (seuil).

Si vous êtes culs de jatte : SVP, remplacez chaussures par gants. Si vous êtes manchot : Vous m’avez très bien compris, alors ne faites pas trop les pingouins, heu, les malins je voulais dire.

 

Bien à vous

 

PS : veuillez m’excuser pour toutes les fautes que j’ai pu oublier.

PS : veuillez me pardonner pour toutes les grossièretés et autres phallus que j’ai semé ici et là dans ce témoignage…