Ma descente, mes descentes

Les grandes étapes de ma vie, et mes alcoolisations.

Vers 17 – 18 ans, je buvais déjà un peu plus que les autres. Sans forcément en avoir d’explication, probablement que j’aimais déjà la sensation que me procurait l’excès d’alcool. Les quantités étaient variables, bières surtout.

Conso Hebdo : 1 pack de Grotambourg + joints

Entre 19 et 22 j’ai mis le pied à l’étrier dans une entreprise, apprentissage etc… j’ai pris gout aux études, je me suis « émancipationné » (avec une aimancipationneuse géante) et j’ai sorti mes doigts de mon luc. Mes envies d’apprendre, la découverte des mots et de leurs incroyables pouvoirs, mes passions, tout cela me grisaient. A ce moment, mon alcoolisation était en pause avec une micro cuite par mois, grand maximum. J’étais vraiment en veine, je survolais tout, j’étais le maître du monde.

Imaginez-moi les bras écartés, sur la proue du titanic… avec en plus, comme d’artagnan, la b!te en avant !
J’avais même arrêté de fumer.

Conso mensuelle : 1 pack de Grotambourg

Vers, je ne sais plus vraiment (quelques moi plus tard, à peu prés), patatra! Panic sur le titanic !
Boulot de merde, chef de merde, solitude de merde, vie de merde… et cocu comme une merde ! Pas nique pendant une éternitique de 2 ans (J’étais en mode manouel de secours, avec de la corne aux mains, mais ce n’est pas le sujet).
Pendant cette période je touche durement le fond, vraiment. Je passe certains détails. Et j’entame un long parcours, seul.
C’est à ce moment que j’ai vraiment picolé: en moyenne 2 bouteilles de rouge un soir sur deux. Parfois Je pouvais picoler 4 ou 5 jours d’affilés et me »reposer » 2 ou 3 jours.
Des fois je montais jusqu’à 3 bouteilles par soir que je pouvais remplacer par l’équivalent en porto rouge. Avant de me coucher, si j’en étais encore capable, je me rinçais la gorge à la binouze. J’évitais les alcool trop fort, car que je ne maitrisais rien et ça se finissait toujours en blackout. Mais il a y des soirs ou les munitions n’étaient pas forcément celles appréciées je devais me contenter du tout venant restant.
Aussi il m’est arrivé de me faire livrer du chinois à 23h pour avoir du rouge et de la bière. Tout cela parce que à 18 h je m’étais résolu de ne pas picoler, en me disant : de toute façon tu n’en n’as pas suffisamment pour aller au bout ce soir… pour finalement craquer à 22h, consommer le tout venant, et commander à 23h en me disant: bon ok mais c’est la dernière fois. D’une manière ou d’une autre, on a tous connu cela !
Sale période…

Conso bi-journalière : 1,5 litres de rouge + bières    ou    75cl porto + Bières    ou    reste de la veille + tout venant

Vers 23 – 24 ans, je finis mes études, je sors la tête de l’eau… finalement ça s’éclaircit… Je renoue avec les idées positives.
Fini la branlette, on construit une vie de couple, une vie à deux.
Progressivement j’écarte l’alcool, mais jamais complètement. Il me faut toujours une soupape. Je bois le weekend. Môman est infirmière, donc avec des horaires bien déphasés, je cache facilement mes consommations, à moi aussi. Surtout à moi d’ailleurs, et je ne pense plus à mon passé.

Conso hebdo : Apéro(s) + 3 litres bière légère

De 24 à 31 ans, je continue ainsi, avec mes 3 ou 4 litres de bière par soirs, deux fois par weekend. Et souvent, en plus, une tite cuite en milieu de semaine. Finalement, et je m’en rend compte maintenant, je n’étais pas loin du rythme d’un jours sur deux précédemment vécus, …, en moins violent certes, mais quand même.

Tous les 2 ou 3 jours concentré sur le WE : Apéro(s) + 3 ou 4 litres bière légère

Allez, voici un petit avant goût de la remontée

A 31 ans, je deviens papa, je sors du déni, je découvre le Baclofène, je me guéris en 4 mois. Je deviens indifférent et je revis.

Conso du weekend :

Apéro(s) : très rares

Vin: 1 verre, 2 max que j’apprécie en fin de repas, avec le fromage. Je redécouvre des saveurs.

Bière plaisir en fin de repas 1 ou 2 max

Jamais les trois ensemble.

Aujourd’hui (09/07/11), je suis indifférent avec 200mg de Baclofène. Je bois simplement pour le plaisir, de temps en temps et sans crainte. Ma relation avec l’alcool à complètement changé.

Ma dernière cuite c’était d’il y a …. bien longtemps… Et je m’en fous car aujourd’hui je n’en ressens plus le besoin, car je n’ai plus de craving. Je viens de baisser mon dosage à 190mg je baisserai a nouveau quand je me sentirais prêt, mais pas avant un mois ou deux je pense.

Alors finalement peu importe la quantité, le comment, ou le pourquoi … Cela n’est pas pour désintéresser ces questions, indispensables et utiles pour comprendre moi-même d’où je reviens, mais je peux affirmer aujourd’hui je n’ai plus peur de vivre sans alcool. J’étais dépendant et le baclofène m’a libéré.

En soi, le Baclofène est l’aboutissement heureux et inespéré de ma maladie.